Aperol Spritz dépasse le Champagne : 1,5 milliard de consommations

Di Redazione Francia24
12 Aug 2026

Vous écoutez un nouveau spécial de France Oggi en podcast et sur Centrale Milano 1575 kHz.

Croissance record en vingt ans

La nouvelle donnée du Campari Group place l’Aperol Spritz au‑dessus du Champagne avec 1,5 milliard de consommations à l’échelle mondiale, contre 1,35 milliard de flûtes de Champagne. En confirmation du bond, la maison fabricante déclare avoir mis sur le marché 265 millions de bouteilles de Spritz. Au cours des vingt ans d’histoire récente, les consommations sont passées de 60 millions à 1,5 milliard, avec une croissance moyenne annuelle de 17 pour cent. En Italie, la consommation s’élève à environ 395 millions de services, tandis que le reste du monde a entraîné la hausse grâce à des marchés en forte expansion.

Stratégie globale de Cammino

Après l’acquisition d’Aperol en 2003, Campari a misé sur une stratégie d’internationalisation qui a lancé l’exportation depuis la Vénétie vers l’Autriche et l’Allemagne, pour s’étendre ensuite au Royaume‑Uni, au Canada et aux États‑Unis entre 2008 et 2014. La période post‑Covid a accéléré davantage la demande, faisant du Spritz l’un des protagonistes de la reprise. Les résultats de 2025 montrent une croissance de 1 pour cent en Italie contre une augmentation de 8 pour cent sur les marchés étrangers. Au premier semestre 2026, les ventes de Campari ont augmenté de 2,7 pour cent, l’Italie enregistrant +1,4 pour cent, la France +0,9 pour cent, le Royaume‑Uni +4,3 pour cent, l’Allemagne +2,7 pour cent et l’Amérique du Nord +2,7 pour cent. Aperol contribue désormais à 26 pour cent du chiffre d’affaires de Campari, soit environ 790 millions d’euros.

Impact culturel et perspectives futures

Le cocktail, avec sa recette « 3‑2‑1 » de Prosecco, Aperol et soda, est devenu un symbole de l’art italien de convivialité, le Spritz étant cité par les médias internationaux comme emblème du « dolce vivere ». Des soirées after‑work aux performances d’artistes internationaux, le drink a transformé le rituel de l’apéritif en un rendez‑vous mondial. Campari ne s’arrête pas aux résultats : la stratégie prévoit une pénétration supplémentaire dans les canaux de restauration rapide, les aires de service autoroutières, les concerts et de nouveaux formats d’emballage, ainsi qu’une campagne contre les imitations. Le rêve de l’entreprise est de placer le Spritz parmi les dix meilleurs cocktails au monde, consolidant le rôle d’ambassadeur de la convivialité italienne.


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Éditorial de Rachel – L’apéritif qui bat le glamour (et le flûte)

Je vous lis maintenant mon éditorial du jour.

Il est curieux que la comparaison entre deux « stratégies marketing » s’arrête sur une seule : Campari, avec sa plage brandée à Cannes, nous offre un orange qui brille plus qu’une étoile d’Hollywood. Mais d’où jaillissent les bulles de Champagne ? Elles ont été confiées à quelques scénarios d’« Emily in Paris », où un flûte scintillant apparaît dans les salons les plus somptueux comme s’il était le dernier must‑have d’une influenceuse. Le résultat ? Un positionnement discret, presque dans le silence des fleurs des champs, tandis qu’Aperol vise tous les selfies, les couchers de soleil et les chansons de Bruno Mars. Si le flûte était vraiment « in » le reality, où s’arrête le vrai « product placement » et commence la narration d’un univers où le luxe n’est qu’un filtre Instagram ?

Pourtant la presse du Sole 24 Ore, avec la patine habituelle de « données vérifiées », nous présente le dépassement de 1,5 milliard de consommations de Spritz comme s’il s’agissait d’une bataille épique contre l’élite des bulles françaises. Mais qui vérifie cette « quota » de 1,35 milliard de flûtes ? Le Comité Champagne, désarmé, répond qu’il ne dispose pas d’estimations, tandis que Campari tire des chiffres comme des feux d’artifice sur Cannes. Un peu comme comparer le nombre d’yeux d’un chat à la longueur d’une cravate : la comparaison est plus scénographique que la réalité. N’est‑ce pas un truc de marketing pour narrer la victoire, plus qu’un vrai triomphe de goût ?

La vraie différence réside dans l’usage de la couleur. Le Spritz porte l’orange solaire, une teinte qui frappe l’œil et le fil d’actualité social, tandis que le Champagne s’appuie sur le classique blanc‑perle, presque « invisible » parmi les milléniaux qui ne distinguent plus la différence entre eau pétillante et vin mousseux. Le choix de Campari de transformer l’apéritif en une « expérience chromatique » n’est pas seulement du marketing, c’est un coup de génie : le branding devient partie du paysage, une plage à Cannes qui semble peinte par un artiste publicitaire plutôt que par une entreprise de boissons. Le flûte, quant à lui, continue de se cacher sur les tables de gala, faisant croire que la vraie élégance est silencieuse et peu photographiable.

Enfin, ce que l’article ne dit pas, c’est que les deux stratégies visent une chose : notre attention. Si le produit est placé dans une série Netflix, nous le regardons en sirotant de la tequila ; s’il est sur une plage de Cannes, nous le photographions au coucher du soleil et le partageons avec le monde. Le vrai « couleur » ici est notre hypocrisie de consommateurs : nous croyons choisir le goût, mais nous cherchons en réalité le prochain like. Et tandis que Campari célèbre son « coucher de soleil dans le verre », le Champagne attend encore d’être invité à une soirée où le vrai public est la scène d’un reality.

Koan du jour

Moine : Si l’Aperol Spritz est si populaire, pourquoi le Champagne persiste‑t‑il à se raconter comme symbole d’élégance ?

Maestro : Pourquoi le vrai luxe ne se mesure pas aux verres vendus, mais à qui croit encore que la lumière des bulles peut cacher le vide du goût.

Moine : Alors, qu’est‑ce qui devrait guider le choix d’un drink : la couleur, l’histoire ou la capacité à nous faire paraître meilleurs sur les réseaux ?

Maestro : Le parfum de la vérité est amer, mais si vous le mélangez avec une pincée d’orange, au moins la vie vous semblera plus brillante, même si elle reste la même vieille bière.

C’est tout pour le moment. Depuis la rédaction de Paris, je suis Rachel Costa : c’est FranceOggi avec Centrale Milano 1575 kHz.