Années 70. Grâce à une publicité martelante, les Italiens abandonnent le beurre et l’huile d’olive extra-vierge au profit de la margarine

Di Redazione Francia24
23 Aug 2025

Inconcevable à notre époque de produits alimentaires à kilomètre zéro et d’étiquettes avec des valeurs nutritionnelles, dans les années 70, de nombreuses familles choisissent d’abandonner, sans recherches approfondies préalables, le beurre et l’huile extra vierge d’olive au profit d’un mélange de graisses d’origine végétale ou animale, additionné de sel, d’émulsifiants et d’arômes.
Le composé s’appelle margarine et est une invention d’un chimiste français du XIXe siècle.

Plus légère

Une campagne publicitaire insistante rend possible cette migration, en instillant dans l’esprit des consommateurs l’idée que la margarine est “plus légère” par rapport à des produits comme l’huile extra vierge ou le beurre de lait de vache.

Il y a deux siècles

À ce moment-là, beaucoup pensent que la margarine est une nouveauté venue des Pays-Bas (nous y reviendrons bientôt) et peu savent que le produit naît au XIXe siècle.

Les origines

La margarine est en effet l’invention d’un chimiste français, dont l’identité reste cependant inconnue.

Napoléon

Détail intéressant : Napoléon III (1808-1873) finance l’invention avec une récompense. Nous parlons de l’année 1869, bien que le succès commercial n’arrivera que plus tard, en 1930, avec la vente du “brevet” à ce qui deviendra quelques années plus tard Unilever.

Couleur

Pour donner au produit une plus grande crédibilité sensorielle, les producteurs choisissent une couleur jaunâtre (pas trop éloignée de celle du beurre), bien qu’aux États-Unis, elle soit proposée en rouge, marron ou même, comme dans le Vermont, en rose.

Dérivés du charbon

La margarine s’avère utile en temps de guerre et de difficultés d’approvisionnement. Les Allemands améliorent même le produit, dont le nouveau processus de production est ainsi décrit par Wikipédia : “La production utilise des graisses comestibles créées par l’oxydation de paraffine synthétique dérivée du charbon. Le résultat subit une distillation fractionnée, où les graisses comestibles proviennent de la fraction C9-C16, qui réagit avec du glycérol, comme celui synthétisé à partir du propylène.”

3,6 kg/an

Après la guerre, l’aliment connaît un véritable succès. À la fin du siècle dernier, par exemple, l’Américain moyen consommait 3,6 kg de margarine par an, contre seulement 2,3 kg de beurre (malheureusement, même en consultant les annuaires ISTAT, nous ne trouvons pas de données correspondantes pour notre pays).

Le succès en Italie

En Italie également, comme mentionné en introduction, le succès est au rendez-vous. Magie du marketing, du charme des Pays-Bas et des Caroselli.

Kraft, Vallè

Tout commence avec Kraft et la marque Vallè, déjà présente dans un Carosello de 1975 :

 

Douceur

Le selling point ? Tout juste sortie du frigo, elle n’est pas dure comme un mur, mais prête à être tartinée sur du poulet rôti.

Poulet rôti

Plat que tous les spots des autres producteurs reprendront ensuite.

Rama

Dix ans plus tard, à l’ère de la télévision en couleur, arrive la publicité de Rama, qui promet une margarine “encore meilleure”.

Toujours le poulet

Là encore, le message s’adresse clairement aux femmes, en jouant sur leur fierté : “Pas de poulet rôti plus croustillant que celui-ci – des pommes de terre dorées pour toi – Rama, Rama, bravo à toi“.

 

D’Amsterdam à Agrate (Brianza)

Sans se soucier de l’origine néerlandaise revendiquée, Star, dont le siège est à Agrate Brianza, près de Milan, lance sa margarine : la célèbre Foglia d’oro dont beaucoup se souviennent. Son selling point ? 100 % végétal. Le risque de la paraffine synthétique dérivée du charbon est ainsi définitivement écarté.

Un mélange à éviter ?

Selon certains experts, l’aliment ne serait pas toujours recommandé. Nous concluons donc avec quelques considérations pour ceux qui, malgré le charbon, décideraient de l’acheter sans évaluation préalable du produit spécifique choisi, peut-être justement grâce à notre article.

Ce que disent les experts

Les producteurs obtiennent les margarines par l’hydrogénation des graisses, un procédé dont la dangerosité semble désormais établie. Cependant, même les versions non hydrogénées pourraient, dans certains cas, poser des problèmes, liés notamment à la qualité des matières premières et aux méthodes de transformation.

Risques de détérioration pendant la transformation

Certains producteurs utilisent, pendant la transformation, des huiles de faible qualité qui, exposées à des températures élevées, subissent une détérioration supplémentaire.

Pratique mais sans avantages nutritionnels

Le résultat est un produit essentiellement pratique, mais dénué de tout bénéfice nutritionnel. (M.H.B. pour 70-80.it)