Entretien au journal de 20 heures de France 2, mardi 31 mars 2026. Interview conduite par Léa Salamé.
La rupture avec Les Républicains
Léa Salamé : Vous avez menacé ces dernières semaines de quitter Les Républicains si une primaire ouverte n’était pas organisée pour la présidentielle. Vous avez rencontré le président du parti, Bruno Retailleau, cet après-midi. Qu’avez-vous discuté avec lui ? Allez-vous vraiment quitter Les Républicains ?
David Lisnard : Je quitte Les Républicains parce que le parti n’a pas su trancher ses ambiguïtés vis-à-vis de la macronie. C’est aussi simple que cela. Cela dépasse largement la question de la primaire. La confiance accordée à François Bayrou, l’abandon de la réforme des retraites, ou la réforme « cosmétique » qui devait aboutir à une retraite par capitalisation… Toutes ces ambiguïtés sont, pour moi, inacceptables à treize mois d’une présidentielle où nous devons porter un projet clair et assumé, une véritable alternative.
Léa Salamé : Mais concrètement, qu’est-ce qui s’est dit avec Bruno Retailleau cet après-midi ?
David Lisnard : La question ne se résume pas à Bruno Retailleau. Le problème, c’est que Les Républicains oscillent entre être au gouvernement et en dehors du gouvernement. Si je demandais aux Français dans la rue, ils voudraient avant tout des réponses concrètes. Les histoires de partis politiques deviennent secondaires. Ce n’est pas honnête vis-à-vis des électeurs. J’ai remis ma lettre de démission.
Le projet pour la France : travail, école, économie
Léa Salamé : Vous déclarez donc votre candidature à la présidentielle ?
David Lisnard : Je suis candidat. Je porte un projet libéral, sécuritaire, éducatif et scientifique. Pour moi, la politique devrait être simple : on assume ses actes, on gagne ou on perd. Je viens d’un monde simple, celui du petit commerce, où l’on est responsable. Nous sommes à un moment crucial de notre histoire, comparable à 1958 ou à d’autres périodes charnières. Il faut provoquer un sursaut civique. Il y a toute une France qui croit au travail et à l’investissement, qui refuse le déclassement de l’école et de notre économie, qui refuse de voir notre pays passer derrière l’Italie sur le plan économique. Nous devons porter ces aspirations dans une proposition politique qui redonne à la France sa dignité, son indépendance et son respect.
La primaire ouverte à droite
Léa Salamé : Vous proposez une grande primaire ouverte. Qui y invitez-vous ?
David Lisnard : Une primaire large — de l’UDI à Horizons, jusqu’à Dupont-Aignan et Sarah Knafo. S’il n’y en a pas, cela voudra dire que certains suivent des aventures individuelles qui peuvent faire perdre la chance de rétablir l’ordre. On a la possibilité de rassembler. Je veux que cette droite soit indépendante, gagnante, et qu’elle porte une vraie alternative au pays.
Positionnement : ni Ciotti, ni Bardella
Léa Salamé : Êtes-vous plus proche d’Éric Ciotti, de Jordan Bardella ou d’Édouard Philippe ?
David Lisnard : Je crois qu’on peut apporter une proposition qui redonne de l’espérance, notamment à notre jeunesse. Je ne suis pas dans un camp. Je les ai affrontés aux municipales, je les ai battus. J’espère exercer une force d’attraction par ce qu’on peut incarner dans la réalité du pays — y compris pour des gens de gauche républicaine qui n’acceptent pas l’alliance avec les extrêmes. Quant au Rassemblement National, vous pouvez en être sûre : je ferai tout pour qu’il ne soit jamais au pouvoir.
Un appel aux Français au-delà des appareils
Léa Salamé : Un dernier mot ?
David Lisnard : Sortons de tous ces machins d’appareil politique. Je pense à mes enfants, à mes petits-enfants, qui doivent pouvoir se loger en France, consommer en France, fonder une famille en France. Notre pays est en train de s’écrouler. Ce n’est pas avec ceux qui ont participé au gouvernement depuis des années — voire des décennies — que l’on rétablira la France. Il faut retrouver un esprit français : scientifique, entrepreneurial, libre et responsable.
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