Introduction
Une première visite historique, dans une histoire commune qui dure depuis plus de sept siècles. Sergio Mattarella a conclu sa visite d’État au Musée Océanographique de Monaco dans la Principauté, la première d’un Président de la République italienne. Accompagné de sa fille Laura, le Chef de l’État a été reçu pendant deux jours par le Prince Albert II, près de soixante‑dix ans après la visite à Rome de Ranieri III et Grace Kelly. Dans les deux discours conclusifs, les principaux thèmes du rapport bilatéral ont émergé. Le premier est la communauté italienne, qui représente un cinquième des résidents de la Principauté. Ensuite les dossiers encore ouverts, de l’accord sur les services aériens à l’accès des Liguriens aux soins médicaux monégasques, et la coopération contre la criminalité économique et financière. Enfin la protection de la Méditerranée, à cinquante ans de l’accord RAMOGE. En toile de fond, la soirée à l’Opéra Garnier avec Cecilia Bartoli et un message commun en faveur du multilatéralisme.
Le discours du Prince Albert II
Monsieur le Président, Madame Laura Mattarella, Excellences, Mesdames et Messieurs, chers amis,
Tout d’abord, la Princesse Charlène, ma famille et moi souhaitons remercier Monsieur le Président pour l’honneur de cette visite. Il s’agit d’un événement exceptionnel, surtout parce que c’est la première visite d’État d’un Président de la République italienne dans la Principauté de Monaco. Sa présence parmi nous, Monsieur le Président, est donc pleine de sens.
Si c’est une première fois, notre histoire commune est néanmoins longue, même familiale. Nos origines monégasques naissent de l’autre côté de la frontière, dans votre pays. Cela vaut aussi pour moi : cela fait plus de sept siècles que mes ancêtres ont quitté Gênes pour venir à Monaco.
Une communauté, de nombreux dossiers ouverts
De nombreux Monégasques aujourd’hui sont étroitement liés à l’Italie, et vice‑versa. Les Italiens représentent un cinquième de la population résidente à Monaco et constituent la deuxième communauté étrangère de la Principauté. L’Italie et la France, d’ailleurs, sont les seuls pays à avoir une ambassade résidentielle à Monaco.
L’histoire commune de nos deux pays est aussi une histoire politique. Je suis très heureux que Monaco participe en tant qu’observateur aux réunions du Comité de coopération transfrontalière franco‑italien, né avec le Traité du Quirinal. La Principauté fait également partie de la Communauté de l’italophonie, créée à la fin de l’année dernière. Nous en avons également parlé lors de la visite du vice‑président du Conseil et ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani.
J’espère que, dans le cadre de ces échanges de plus en plus étroits, nous pourrons poursuivre de nombreux sujets d’intérêt commun. Je pense par exemple à l’accord sur les services aériens, dont nous discutons depuis de nombreuses années et que je crois pourra bientôt s’ajouter aux accords bilatéraux de 1989. Je pense également à l’accès des résidents de la Ligurie aux soins médicaux fournis dans la Principauté de Monaco. Au‑delà de ces deux sujets, j’espère que nous pourrons renforcer la coopération entre nos pays. Je pense en particulier à la Commission de coopération administrative italo‑monégasque, réactivée en 2015.
La mer, une bataille commune
Nos échanges ne concernent pas seulement les relations bilatérales : nous avons parlé, Monsieur le Président, de nombreux autres sujets. Nous sommes d’accord sur des points fondamentaux tels que la protection de l’environnement et de l’environnement marin, comme le témoigne votre visite aujourd’hui au Musée Océanographique. Cinquante ans se sont écoulés depuis la signature de l’accord RAMOGE, et cette visite nous permet de constater encore davantage à quel point nous sommes proches sur ce point de vue. L’Italie, d’ailleurs, détient aujourd’hui la présidence de cet accord. Je suis certain qu’à l’avenir nous continuerons à nous confronter, car l’Italie porte cette bataille pour l’avenir de notre planète, comme nous le faisons.
Monsieur le Président, nous avons parlé de nos liens politiques et historiques. Je voudrais maintenant souligner également l’importance de nos relations économiques. Les entreprises italiennes sont solidement présentes dans les secteurs clés de notre économie. Le télétravail a facilité l’embauche de travailleurs frontaliers italiens, comme l’ont témoigné, entre autres, les forums d’affaires entre Monaco et l’Italie. Nos deux pays partagent donc la volonté de promouvoir l’innovation, les investissements et le partenariat entre nos entreprises.
Au‑delà de l’aspect économique, la communauté italienne joue un rôle fondamental dans la vie de la Principauté, grâce à sa présence, son travail et son engagement dans la vie sociale et culturelle. Chaque jour, nous voyons vivre la relation privilégiée qui nous lie, et je suis certain qu’elle continuera dans les prochaines années.
«Une amitié fidèle»
Notre rapport historique est riche et fécond. Mais, Monsieur le Président, Madame Laura, qu’est‑ce que ce rapport ? C’est un rapport d’amitié : une amitié fidèle et solide, mise à l’épreuve à deux reprises dans le passé, que votre présence renforce une fois de plus.
Au nom de tous les Monégasques, je tiens à vous remercier, Monsieur le Président, et à vous dire que vous pouvez compter sur moi pour enrichir à l’avenir la longue histoire commune entre Monaco et l’Italie. Merci encore, Monsieur le Président, et, comme je l’ai dit hier soir : vive l’amitié entre la Principauté de Monaco et l’Italie ! Merci mille fois à tous.

